La guichetière Le temps me semble long et pourtant je patiente Car derrière son guichet,douce et avenante Je la vois expliquer à un petit vieux vraiment désemparé Je suis désolée votre retraite n’est pas encore arrivée Et souriant lui dire peut-être demain serez vous crédité Quelle douceur, dans sa voix, et mon dieu qu'elle est belle Et dans un rêve un peu fou que je sais impossible, irréel Il me semble la voir avec des angelots et volant à son tour De ci de là pour porter à chacun que des lettres d’amour Dans mon rêve je me vois au guichet et puis lui demander Dix timbres s’il vous plait, mais je ne vois que ses yeux Et je m’entends lui dire, donnés par de si jolies mains Et vous êtes si belle, si ces timbres Mademoiselle, Sur mes lettres demain je devais les coller Ce ne serait que pour vous sur des lettres d’amour Me voici au guichet accueilli par un : A votre tour !! Qu’est qui vous faut !! Et j’en suis assommé La guichetière est remplacée elle est partie ma belle ! Moralité : à la poste il ne faut point rêver Pépy . 8/11/06 Retour au sommaire les Poèmes de Lucien DUPRET
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